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Lomé accueille un colloque régional pour repenser la lutte antiterroriste en Afrique de l’Ouest

Le quatrième colloque régional sur le thème « Cadre légal de résistance et de résilience des populations face au terrorisme et aux criminalités transfrontalières en Afrique de l’Ouest » a été lancé ce mardi à l’hôtel Sarakawa de Lomé, au Togo. Organisé par la Fondation Konrad Adenauer (KAS) et le Groupe de recherche des stratégistes de Côte d’Ivoire (GRESCI), cet événement de deux jours réunit chercheurs, responsables institutionnels, élus locaux, chefs traditionnels et acteurs de la société civile.

La cérémonie d’ouverture a été rythmée par les allocutions du Dr Arthur Banga, secrétaire général du GRESCI, et du Dr Stefanie Rothenberger, directrice du bureau État de droit en Afrique subsaharienne de la KAS. Un représentant du ministère togolais de la Sécurité publique et de la mairie de la commune de Golf 1 de Cotonou était également présent. Le chercheur camerounais Dr Jean-Eudes Biem a prononcé la conférence inaugurale, posant le cadre des réflexions à venir.

Une table ronde a mis en lumière le rôle clé des acteurs locaux dans la lutte contre le terrorisme et les criminalités transfrontalières. L’Association des Femmes Juristes du Togo a présenté une communication sur l’implication des femmes, illustrée par le cas togolais. Le général Gudime Celestin a souligné l’importance du lien entre l’armée et la nation, tandis qu’une troisième intervention a exploré les moyens de transformer les jeunes en acteurs efficaces de la lutte contre ces menaces. Les débats ont été animés par Dre Bamba Manse, venue de Côte d’Ivoire.

L’après-midi a été consacré à l’analyse du cadre légal et institutionnel existant. Dre Sidibé Mariame (Mali) a passé en revue les textes nationaux et régionaux (CEDEAO, UEMOA, Union africaine). Dr Guipie Eddie (Côte d’Ivoire) a abordé les conventions internationales et les obligations des États membres. Enfin, Dre Sampala Balima (Burkina Faso) a évalué la mise en œuvre et l’efficacité des dispositifs légaux, en pointant du doigt leurs limites institutionnelles. Les échanges ont été modérés par le Comité interministériel de protection et de lutte contre l’extrémisme violent du Togo.

Les participants ont ensuite travaillé en ateliers mixtes avant une restitution collective.

Les travaux se poursuivront mercredi 15 avril avec trois panels :

  1. Stratégies locales de résistance et de résilience communautaire : mécanismes informels de protection, rôle des élus locaux, des leaders communautaires et des acteurs religieux, ainsi que leur impact sur la cohésion sociale.
  2. Pratiques coutumières traditionnelles et interactions entre terrorisme et criminalité transfrontalière : focus sur les trafics d’armes, de drogues et d’êtres humains.
  3. Perspectives nationales et communautaires : échanges entre représentants du Togo, du Tchad et des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES).

La journée s’achèvera par une synthèse des recommandations et une cérémonie de clôture.

Ce colloque intervient dans un contexte marqué par l’expansion géographique des violences djihadistes et des criminalités transfrontalières en Afrique de l’Ouest, touchant désormais aussi les pays côtiers, jusqu’ici relativement épargnés.

Djamiou ABOUDOU

L'EmissaireAdmin

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