Pénurie d’eau au Togo : mesures d’urgence du gouvernement
La région de la Kara, notamment les préfectures de la Kozah et de la Binah, fait face à une grave insuffisance d’accès à l’eau potable. Cette pénurie, également observée dans d’autres régions du Togo, est principalement causée par la baisse des volumes d’eau disponibles pour alimenter le réseau de distribution, exacerbée par les effets du changement climatique et la faible pluviométrie.
En réponse à cette crise, le gouvernement a initié une série de mesures d’urgence et de moyen terme pour soulager les populations touchées et améliorer la desserte en eau. Un comité de crise a été installé, et une équipe opérationnelle du ministère de l’eau et de l’assainissement a été déployée pour une mission itinérante. Cette équipe se concentre sur la réalisation et l’amélioration de forages dans plusieurs villes, y compris Dapaong, Mango, Kara, et Datcha.
- 50 forages équipés de postes d’eau autonomes (PEA) et de pompes à motricité humaine (PMH) ont été identifiés pour connexion au réseau de distribution, selon le ministre de l’Aménagement du territoire, Kodjo Adedze.
- 14 nouveaux forages sont en cours de raccordement, et des camions citernes ont été mobilisés pour améliorer la distribution d’eau.
Sur le long terme, un projet d’alimentation en eau potable pour Kara et ses environs est en cours de mise en œuvre, soutenu par un financement global de 25 milliards FCFA, grâce au Fonds koweïtien et à la Banque islamique de développement.
Les régions des Savanes et du Grand Lomé, bien que confrontées à des défis différents, reçoivent également une attention particulière de l’exécutif.
Dans la région septentrionale, des travaux de desserte en eau potable pour 32 bases militaires ont été lancés. Une dizaine de forages a déjà été réalisée, avec l’objectif d’achever tous les ouvrages d’ici la fin janvier. Des investissements structurants à moyen et long terme sont également prévus, incluant un projet d’urgence de renforcement de l’alimentation en eau potable pour Mango et Dapaong, d’un coût estimé à 4,7 milliards FCFA.
Dans le Grand Lomé, la stratégie gouvernementale se concentre sur la réhabilitation des infrastructures existantes pour un coût de 12 milliards FCFA. Cela inclut le renforcement de la capacité de production en mobilisant les eaux de surface via des barrages et des prises en rivière, ainsi que des eaux souterraines par la réalisation de 24 forages dans le cadre du projet PASH-MUT.
Lors du dernier conseil des ministres de l’année 2025, le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a exhorté le gouvernement à accélérer la mise en œuvre de ces mesures cruciales pour garantir l’accès à l’eau potable à tous les Togolais.
