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L’essor des centres de données en Afrique : vers un avenir numérique durable

Un quart du XXIe siècle s’est écoulé, et la technologie numérique a profondément transformé la vie quotidienne de milliards de personnes à travers le monde. Cependant, cette transformation n’est pas uniforme, surtout dans les pays en développement, où l’accès à l’électricité et aux infrastructures numériques reste un défi. L’Afrique, avec sa faible pénétration numérique et sa demande croissante, se positionne comme un marché à fort potentiel pour le développement des centres de données.

Selon le rapport Mobile Economy Report 2023 de la GSMA, l’adoption des smartphones en Afrique subsaharienne devrait passer de 51 % en 2022 à 87 % d’ici 2030. Cette croissance est alimentée par une population jeune et une baisse des coûts des services mobiles. Parallèlement, l’utilisation des données mobiles devrait multiplier par quatre d’ici 2028, atteignant 18 Go par utilisateur et par mois. Cependant, cette expansion pose des défis, notamment en matière d’infrastructure.

Actuellement, l’Afrique compte 223 centres de données, représentant moins de 0,02 % du total mondial. Les trois principaux pays, l’Afrique du Sud, le Kenya et le Nigeria, concentrent 41 % de cette infrastructure. Alors que la demande pour des vitesses de connexion plus rapides et une latence réduite augmente, le besoin d’une infrastructure informatique localisée devient urgent.

Le marché des centres de données en Afrique est évalué à 3,49 milliards de dollars en 2024 et pourrait atteindre 6,81 milliards de dollars d’ici 2030, avec un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 11,79 %. Cependant, l’approvisionnement en électricité reste un défi majeur, avec de nombreux pays, comme le Nigeria, souffrant de coupures fréquentes.

La demande d’électricité des centres de données africains devrait atteindre 2 GW d’ici 2030, avec un TCAC de 9 %. Pour répondre à cette demande, des investissements dans les infrastructures électriques sont nécessaires. Les centres de données peuvent également stimuler l’innovation énergétique, favorisant l’intégration des énergies renouvelables et des technologies avancées de gestion des réseaux.

Des pays comme l’Égypte et le Maroc se positionnent stratégiquement pour attirer des investissements dans les centres de données, tandis que l’Afrique du Sud et le Kenya développent des solutions énergétiques durables. Le Kenya, par exemple, utilise déjà plus de 60 % d’énergies renouvelables dans son réseau électrique.

Les petits pays comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal commencent également à développer leurs infrastructures de centres de données, mais tous ne pourront pas répondre à la demande croissante de manière équitable. La forte consommation d’eau des centres de données pose également un problème, notamment dans les régions arides.

Les pays dotés de ressources en énergies renouvelables solides doivent également envisager des sources d’énergie conventionnelles pour garantir la fiabilité de leur approvisionnement. L’utilisation du gaz naturel comme combustible de transition pourrait s’avérer cruciale pour pallier les fluctuations de l’approvisionnement en énergies renouvelables.

L’électrification en Afrique est un enjeu complexe, mais la demande pour des centres de données locaux représente une opportunité significative pour améliorer les infrastructures, stimuler l’économie et renforcer la sécurité nationale.

Djamiou A.

L'EmissaireAdmin

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