16 jours contre la violence numérique : 5 actions pour une Afrique inclusive
La campagne internationale des 16 jours d’activisme contre la violence sexiste, qui s’est tenue du 25 novembre au 10 décembre 2025, a placé cette année la lutte contre la violence numérique à l’encontre des femmes et des filles au cœur de ses priorités. En Afrique, où la transformation numérique s’accélère, les violences en ligne constituent un obstacle majeur à l’égalité, à l’autonomisation et à la participation pleine et entière des femmes dans l’économie numérique.
Des chiffres alarmants Selon une étude récente de Paradigm Initiative, 67 % des personnes interrogées en Afrique ont été victimes d’au moins une forme de violence numérique sexiste en 2025, une hausse significative par rapport aux années précédentes. En Afrique centrale et occidentale, 45,5 % des utilisatrices de Facebook et Twitter déclarent avoir subi du harcèlement en ligne, tandis que les Nations Unies estiment que près de 60 % des femmes connectées sur le continent sont confrontées à des abus numériques, allant du cyberharcèlement à la diffusion d’images intimes sans consentement, en passant par la désinformation sexiste et l’usurpation d’identitémistralaichatupprodswe.blob.core.windows.net+3.
Un appel à l’action collective Face à cette réalité, Jemimah Njuki, directrice du Département femmes, genre et société civile de la Banque africaine de développement (BAD), et Ndey Oley Cole, chargée de programme principale, ont présenté cinq mesures audacieuses pour éradiquer la violence numérique sexiste et libérer le potentiel numérique de l’Afrique :
- Promulguer des lois complètes et intégrant la dimension genre Plusieurs pays africains ont récemment renforcé leurs cadres juridiques. En 2025, la République démocratique du Congo (RDC) a ratifié la Convention de l’Union africaine sur la cybersécurité et créé une Agence nationale de cybersécurité (ANCY) pour lutter contre les abus en ligne. Au Bénin, au Togo et au Burkina Faso, des lois criminalisent désormais explicitement le cyberharcèlement et la diffusion d’images intimes non consentiesafrica.unwomen.org+2. Cependant, des lacunes persistent dans l’application de ces lois et la protection des victimes.
- Intégrer la sécurité en ligne dans les stratégies nationales Le Rwanda et la Côte d’Ivoire montrent l’exemple en intégrant la sécurité numérique dans leurs politiques de développement. La BAD et ONU Femmes soutiennent des projets d’éducation numérique et de protection des données, comme en Côte d’Ivoire, où un programme vise à autonomiser les femmes défavorisées grâce aux technologiesafdb.org+1.
- Responsabiliser les plateformes technologiques Les plateformes numériques sont appelées à renforcer la modération des contenus, à adapter leurs mécanismes de signalement aux réalités culturelles africaines et à collaborer avec les autorités locales. En Afrique du Sud, la loi sur le Film and Publication Board impose désormais une transparence accrue et un retrait rapide des contenus violentsafdb.org.
- Investir dans l’innovation menée par les survivantes Des organisations comme Pollicy (Ouganda) et le Center for Information Technology and Development (Nigeria) développent des outils de sécurité numérique et forment les communautés. Le Fonds fiduciaire Corée-Afrique de la BAD finance des initiatives locales pour renforcer l’autonomisation économique des femmes via le numériqueafdb.org.
- Construire un système panafricain de données L’absence de données standardisées limite la compréhension et la lutte contre ce fléau. Le Zimbabwe et l’Ouganda ont intégré des questions sur la violence numérique dans leurs enquêtes nationales, une première étape vers une meilleure mesure du phénomèneafricarenewal.un.org+1.
Un impératif moral et économique « Une Afrique numérique plus sûre n’est pas seulement un impératif moral, c’est aussi un impératif économique et social », souligne la BAD. Les gouvernements, les plateformes numériques, les donateurs et les citoyens doivent agir de concert pour protéger les femmes et les filles, et garantir leur participation active à l’économie numérique.
Pour aller plus loin
- Consultez le Portail de données sur le genre de la BAD
- Découvrez le Rapport analytique de l’Indice de l’égalité du genre en Afrique
L’Émissaire
