Transport aérien : forte baisse des frais d’installation pour les compagnies aériennes, jusqu’à 98 %
Dans sa politique d’attractivité aéronautique, le gouvernement togolais réduit drastiquement les frais d’entrée sur le marché pour les compagnies aériennes souhaitant s’installer dans le pays. Le colonel Idrissou Ahabou Abdou, directeur général de l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC), est revenu sur cette nouvelle mesure en marge de la première réunion du Comité de supervision économique du transport aérien de la CEDEAO (ECATEOC), tenue les jeudi 2 et vendredi 3 juillet 2026 à l’Hôtel 2 Février de Lomé.
De 200 millions à 3,5 millions de FCFA

Jusqu’ici, une compagnie aérienne désireuse de s’établir au Togo devait mobiliser un minimum de 200 millions de FCFA pour l’obtention des documents requis. Ce montant est désormais ramené à 3,5 millions de FCFA, soit une réduction de plus de 98 %. « Nous allons appliquer une nouvelle directive. Vous pouvez désormais vous installer en tant que compagnie avec 3,5 millions au lieu de 200 millions », a déclaré le directeur général de l’ANAC.
Cette décision a été prise sous l’impulsion du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, désigné champion du Marché unique du transport aérien africain (MUTAA) par l’Union africaine lors de la 30e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement, tenue à Addis-Abeba en janvier 2018. Elle s’inscrit dans la vision portée par les autorités de faire de Lomé un hub aérien régional de référence.
Cette nouvelle orientation s’articule avec l’ambition nationale de développer l’Aéroport international Gnassingbé Eyadéma (AIGE) de Lomé en plateforme de référence pour la sous-région. Lors de la cérémonie d’ouverture de l’ECATEOC, le ministre des Transports, du Désenclavement et des Pistes rurales, Comla Kadjé, a rappelé la vision qui guide cette politique : « La prospérité de chacun de nos aéroports dépend de la fluidité de l’ensemble. Aucun hub ne prospère seul. »
Le Togo, au-delà des exigences communautaires
La mesure nationale va au-delà des dispositions prévues par l’acte additionnel adopté par les chefs d’État de la CEDEAO lors de leur sommet de décembre 2024 à Abuja. Ce texte, entré en vigueur le 1er janvier 2026, prévoit la suppression des taxes non directement liées au transport aérien, notamment la taxe sur les billets, la taxe de solidarité, la taxe sur le tourisme et la taxe sur les voyages à l’étranger, ainsi qu’une réduction d’au moins 25 % des redevances passagers et de sécurité. En réduisant de 98 % les frais d’installation des compagnies aériennes, le Togo va au-delà de ces dispositions en matière d’attractivité du marché.
Le directeur général de l’ANAC l’a affirmé sans ambages : « Comparée aux 25 % préconisés par la CEDEAO sur les redevances passagers, le Togo est déjà allé très loin. Le Togo montre le chemin. »
Un engagement confirmé par la tenue de l’ECATEOC à Lomé
Le choix de Lomé pour accueillir cette réunion inaugurale reflète la confiance que la communauté régionale accorde au leadership du Togo sur ce dossier. Comme l’a relevé la vice-présidente de la Commission de la CEDEAO, Damtien Tchintchibidja, lors des discours d’ouverture, accueillir cette rencontre à Lomé « témoigne de l’engagement collectif et déterminé » à transformer le secteur du transport aérien en Afrique de l’Ouest. La capitale togolaise avait déjà abrité, du 15 au 19 juin 2026, la première Convention et Exposition africaines du transport aérien.
Selon les projections des experts de la CEDEAO, une application intégrale de la réforme régionale entraînerait une baisse des prix des billets d’environ 40 % et une progression de la demande de 20 à 30 %. Le Togo entend être au rendez-vous de cette transformation, en alignant ses réformes nationales sur les orientations communautaires, tout en les devançant sur certains volets.
RT
