Publicité

G20 Johannesburg : l’Afrique défend ses énergies fossiles pour son développement

Alors que le G20 se réunit pour la première fois en Afrique, à Johannesburg, la Chambre africaine de l’énergie (AEC) a lancé un appel vibrant pour une réorientation fondamentale de la politique énergétique mondiale. L’objectif : placer les combustibles fossiles africains au cœur de la sécurité énergétique, de la croissance industrielle et de la réduction de la pauvreté sur le continent. « Forez, forez, forez ! » a résumé le ministre sud-africain des Ressources minérales et pétrolières, Gwede Mantashe, lors du Forum du G20 sur les investissements énergétiques en Afrique, soulignant l’urgence d’exploiter les ressources naturelles de l’Afrique pour sortir des millions de personnes de la pauvreté énergétique.

Un potentiel énergétique immense, mais sous-exploité L’Afrique dispose d’un énorme potentiel en amont : la production de pétrole et de gaz devrait atteindre 11,4 millions de barils par jour d’ici 2026, puis 13,6 millions d’ici 2030, grâce à l’accélération de l’exploration dans les bassins frontaliers. Le continent abrite également plus de 620 000 milliards de pieds cubes de réserves de gaz prouvées, essentielles tant pour les marchés mondiaux que pour le développement énergétique local. Des projets majeurs, comme ceux du Mozambique, de l’Angola et du Nigeria, ainsi que l’oléoduc d’Afrique de l’Est, illustrent cette dynamique.

Un appel à lever les barrières financières Malgré ce potentiel, les cadres financiers mondiaux restrictifs, notamment les interdictions de prêts pour les énergies fossiles imposées par la Banque mondiale et les politiques prudentes des banques occidentales, menacent de freiner les investissements nécessaires. L’AEC souligne que ces restrictions risquent de priver l’Afrique des capitaux indispensables pour soutenir ses pôles industriels, son électrification domestique et ses infrastructures gazières. Le rétablissement des flux de capitaux est présenté comme une opportunité unique pour exploiter les ressources naturelles du continent et sortir des millions de personnes de la pauvreté énergétique.

Le gaz, pilier de la transition énergétique africaine Pour la Chambre africaine de l’énergie, le gaz naturel n’est pas seulement un combustible de transition, mais une bouée de sauvetage pour l’industrialisation, l’accès à l’énergie domestique et le développement économique. Environ 600 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’électricité, et 900 millions manquent de solutions de cuisson propres. Le gaz est donc présenté comme une solution immédiate et scalable pour répondre à ces défis.

Un engagement historique des États-Unis L’AEC salue l’engagement financier historique de 4,5 milliards de dollars des États-Unis en faveur du projet GNL du Mozambique, preuve que les pays du G20 peuvent investir de manière responsable et rentable dans les combustibles fossiles africains. Cependant, des financements bien plus importants sont nécessaires pour libérer tout le potentiel énergétique du continent.

Un G20 divisé, mais une déclaration commune adoptée Le sommet du G20 à Johannesburg s’est déroulé dans un contexte de tensions, marqué par l’absence des États-Unis, qui ont boycotté l’événement. Malgré cela, une déclaration commune a été adoptée, mettant l’accent sur la nécessité de renforcer la sécurité énergétique, de diversifier les investissements et de soutenir le développement durable en Afrique. Les dirigeants ont également souligné l’importance de protéger l’approvisionnement en minéraux critiques, essentiels pour la transition.

Vers un avenir énergétique juste et inclusif L’AEC rejette les appels à l’élimination progressive des combustibles fossiles, qui menacent selon elle la prospérité de l’Afrique et maintiennent des millions de personnes dans la pauvreté énergétique. Elle exige un avenir énergétique juste, alimenté par les ressources africaines, construit par les travailleurs africains et apportant des avantages tangibles aux communautés locales. La Chambre appelle le G20 à faire du développement des énergies fossiles un pilier central de sa politique africaine, en débloquant des financements, en démantelant les barrières idéologiques et en investissant dans les infrastructures gazières.

Conclusion : un tournant pour l’Afrique ? Le sommet du G20 à Johannesburg a offert une plateforme inédite pour défendre les priorités énergétiques africaines. Alors que le continent cherche à concilier sécurité énergétique, industrialisation et transition écologique, les décisions prises lors de ce sommet pourraient marquer un tournant pour l’avenir énergétique de l’Afrique. Reste à voir si les engagements se traduiront par des actions concrètes sur le terrain.

Djamiou ABOUDOU

L'EmissaireAdmin

Article connexe

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *